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Cineuropa

 

Réalisateurs et scénaristes contre le sous-titrage “low cost”

par Fabien Lemercier

08/04/2014 – Plus de 160 grands noms du cinéma français soutiennent l’ASIF qui dénonce l’émergence de pratiques bas de gamme pour les sous-titrages en anglais

Réalisateurs et scénaristes contre le sous-titrage "low cost"

Roman Polanski, un des signataires

Roman Polanski, Laurent Cantet, Arnaud Desplechin, Bruno Dumont, Olivier Assayas, Mathieu Amalric, Cédric Klapisch, Robert Guédiguian Dany Boon, Alain Guiraudie, Christophe Honoré, Mia Hansen-Love, Rebecca Zlotowski, Anne Fontaine, Philippe Lioret, Lucas Belvaux, Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, etc… Plus de 160 réalisateurs et scénaristes français ont manifesté leur soutien aux traducteurs-adaptateurs de langue anglaise de l’ASIF (Anglo Subtitlers In France) qui ont entrepris de défendre leur métier face à une recrudescence de pratiques “low cost”, initiées principalement par les laboratoires de sous-titrage.

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Dans une lettre ouverte aux producteurs français, les cinéastes et scénaristes soulignent qu’ils doivent en partie leur succès “sur les marchés internationaux, au talent et au travail rigoureux des traducteurs de langue anglaise travaillant en France (…) L’évolution du cinéma vers le numérique a rendu fébrile le marché du sous-titrage. Les distributeurs, les producteurs et les laboratoires ont donc cherché des solutions pour réduire les frais associés à la participation aux festivals internationaux et à la promotion des films à l’étranger (…) De plus en plus souvent, les distributeurs et les vendeurs à l’international ont tendance à se décharger des frais du sous-titrage sur les producteurs ou cherchent par tous les moyens à faire baisser les prix jusqu’à des niveaux dérisoires, quitte à confier le travail à des personnes peu qualifiées. Certains laboratoires proposent des forfaits “tout compris” incluant la partie traduction (…) Cette pratique a déjà fait des dégâts dans le domaine de la vidéo et la télévision et, si le cinéma suit ce modèle, il est évident qu’à terme la qualité de la traduction s’en ressentira (…) Respecter les conditions de travail du traducteur, c’est respecter l’œuvre.”

De son côté, l’ASIF a envoyé aujourd’hui une lettre au CNC, au Festival de Cannes, à Unifrance, à toutes les associations de producteurs en France (ARP, SPI, SRF, APC, BLOC) et à l’ADEF (Association des exportateurs de films) pour les sensibiliser à la dérive en cours et demander leur soutien : “après avoir dépensé des centaines de milliers, voire des millions d’euros, pour produire un film, il semble contre-productif de chercher à faire de petites économies sur le sous-titrage. Chercher à faire ces économies, c’est risquer de diminuer l’attrait du film sur les marchés internationaux.”

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