Link

Le Point

 

À mauvais sous-titrage, mauvais film ?

Le Point.fr – Publié le 08/04/2014 à 10:29 – Modifié le 08/04/2014 à 10:59

Plusieurs acteurs et réalisateurs de renom ont signé une pétition qui alerte sur les conditions de travail de ceux qui sous-titrent les films.

"Bienvenue chez les Ch'tis" sous-titré en anglais
“Bienvenue chez les Ch’tis” sous-titré en anglais © Capture d’écran
 C’est un métier dont on parle peu, mais qui est pourtant indispensable au cinéma : le sous-titreur, soit la personne qui nous permet de profiter d’un film dans sa version originale. Et cela vaut aussi évidemment pour le public outre-Atlantique qui profite des productions françaises sous-titrées en anglais. Or, la colère monte au sein des professionnels du genre qui ont lancé une pétition en faveur des “Anglo Subtitlers in France” (ASIF).

Selon le Hollywood Reporter, qui rapporte l’information, près de deux cents personnes soutiennent cette démarche, parmi lesquellesRoman PolanskiJean-Claude Carrière, Jean-Xavier de Lestrade, Laurent Cantet, Patrice Leconte, Dominik Moll ou encore Dany Boon. À quelques semaines du Festival de Cannes, le texte vise à alerter l’opinion publique sur les conditions salariales de plus en plus basses de ces travailleurs de l’ombre. “Un bon sous-titrage aide concrètement un film à générer du profit”, affirme la pétition. “Le tarif syndical actuel de 4,10 euros par sous-titre souligne l’importance des bons sous-titres pour la carrière d’un film. Après avoir dépensé des centaines de milliers, voire des millions d’euros, à produire un film, il semble contre-productif d’essayer de faire des économies mineures sur le sous-titrage, au risque de miner les chances de succès du film sur le marché international.”

70 centimes le sous-titre

La pétition intervient alors que le long-métrage de Claude Lelouch,Salaud, on t’aime, avec Johnny Hallyday et Sandrine Bonnaire, a causé une révolte dans le milieu : le tarif proposé fut de 70 centimes par sous-titre, en dessous même des 84 centimes généralement admis comme le tarif minimum pour des films à petits budgets. L’association des sous-titreurs anglais espère pousser l’industrie du cinéma à se ressaisir.

“Les sous-titres peuvent faire ou démolir un film. Alors, l’industrie française doit se rendre compte que notre profession est en train d’être essorée au-delà de l’admissible. Il faut que les producteurs rejettent les deals proposés par les laboratoires de films et s’assurer que les traducteurs soient payés à un prix juste”, déclare Sionann O’Neill, qui a fourni les sous-titres de nombreux films d’Agnès Varda et de François Ozon. “Un bon film mal traduit devient un film médiocre, renchérit Patrice Leconte. Ne permettez pas que nos films soient traduits au rabais.”

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s