ASIF! joins ATAA

L’ATAA débute cette nouvelle année d’exercice en s’associant aux Anglo Subtitlers in France (Asif), afin d’œuvrer dans une dynamique commune. L’un de leurs membres siège désormais au Conseil d’administration. La parole leur est donnée.

Asif (Anglo Subtitlers in France) est un regroupement informel de traducteurs anglophones travaillant en France, notamment sur l’adaptation de productions françaises pour les marchés anglo-saxons et internationaux. Il s’est constitué en avril 2014 pour contrer les tentatives des laboratoires de sous-titrage qui proposent aux producteurs des forfaits « tout compris », incluant l’adaptation.

Après une première tentative de résistance en 2013, lancée trop près du Festival de Cannes pour que l’on puisse y consacrer le temps nécessaire, l’action de 2014, déclenchée par le tarif dérisoire proposé à l’un des membres pour l’adaptation en anglais du dernier film de Claude Lelouch par l’intermédiaire d’Éclair Group, à été beaucoup plus concluante avec le lancement d’une lettre ouverte aux producteurs, signée par quelque 175 cinéastes français, leur demandant de continuer à traiter directement avec les adaptateurs et de rejeter les forfaits des laboratoires. Cette lettre ouverte a eu un certain écho dans la presse française et étrangère.

Par la suite, une action concertée et solidaire à la veille du Festival de Cannes a obligé une importante maison de production française à faire marche arrière après avoir lancé les travaux chez Titra Film avec un forfait « tout compris » et à négocier directement avec les adaptateurs.

Forts de nos succès, nous restons vigilants et déterminés à résister aux tentatives des laboratoires d’imposer aux producteurs et aux réalisateurs des traducteurs travaillant à des tarifs non professionnels. C’est pour nous le seul moyen de pouvoir continuer à réaliser des traductions qui rendront justice aux œuvres originales et permettront de les exporter dans de bonnes conditions. La plupart de nos membres font partie de l’ATAA et nous tenons à travailler main dans la main avec celle-ci.

En avril dernier, le collectif d’auteurs de sous-titrage anglophones, qui n’était pas encore Asif, a lancé une pétition qui a connu un retentissement inédit. Ce signal d’alarme a touché les professionnels du cinéma français et a donné lieu à des témoignages de respect comme on en avait rarement vu pour nos professions de l’ombre.

Ces témoignages sont allés droit au cœur de tous les traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel. Nous nous permettons de les reproduire ici, pour que tout un chacun puisse les découvrir.

Un traducteur ne travaille pas « à la chaîne ». Il est une véritable interface culturelle entre votre patrimoine et le reste du monde. À ceux qui veulent forfaitiser leur travail, je propose d’ouvrir un dictionnaire et d’y découvrir l’autre sens du mot « forfait » : « Faute grave, sortant de l’ordinaire, commise de façon audacieuse, et paraissant plus monstrueuse du fait de la qualité de son auteur ». Continuons comme ça et bientôt ce sera Google qui sous-titrera nos films. René Manzor 

J’ai pour chaque film l’obsession de la traduction juste, si importante pour rendre compte avec précision et finesse les dialogues de nos films. C’est le premier acte de respect que l’on doit à ceux qui sont filmés. Selon le budget du film, j’ai pu à chaque fois négocier de gré à gré avec le traducteur que je désirais. Cette relation est très importante pour la qualité du travail. Nous savons bien où conduit ces tentatives constantes de paupériser le travail et d’affaiblir leur capacité à se consacrer à fond à leur travail. Il en résulte une baisse de qualité et l’affadissement in fine de l’œuvre, sans parler même des questions éthiques que posent forcément toute tentative de traduction. Ce n’est pas innocent de traduire. A tous les échelons de nos métiers, nous sommes confrontés aux mêmes tentatives qui ne tiennent pas compte de la spécificité de ce qu’est et doit rester le cinéma. Un travail artisanal qui a besoin à toutes les étapes de sa fabrication de l’engagement personnel de chacun des métiers auxquels il fait appel. Vous avez raison de résister. Merci à vous. JP Duret

Mes trois films ont été traduits par la même personne, en qui j’ai désormais toute confiance. Comme tous les autres membres de l’équipe d’un film, je pense qu’il participe artistiquement au résultat, et je tiens à sa sensibilité. Je ne voudrais pas perdre cette relation de confiance. Eleonore Faucher

Les traducteurs sont des auteurs au service d’autres auteurs. C’est une corporation indispensable à l’outil cinématographique. La sacrifier au noms de pratiques commerciales est dangereux pour nos films. Lorraine Lévy

Un bon film mal traduit devient un film quelconque. Ne laissons pas nos films se faire traduire au rabais. Patrice Leconte

Mon traducteur est le garant de ma singularité. En tant que tel, je me battrai toujours auprès de mes interlocuteurs pour le choisir et le garder à mes côtés. Arnaud des Pallières

Un traducteur, c’est un allié hyper important, un collaborateur précieux, ça ne s’échange pas comme un kleenex. La traduction c’est la parole, l’âme du film… Catherine Corsini

Les sous-titreurs sont des artistes à part entière, des traducteurs, des écrivains. S’ils disparaissent, si leur travail est méprisé et bradé, c’est tout le rayonnement à l’étranger de la culture cinématographique française qui sera atteint. Coline Serreau

Touche pas à mon sous-titreur ! Il a un métier, un savoir faire unique, comme moi, c’est un artisan, il transporte les mots et une part du sens de mon film a travers le monde. Jan Kounen

Traduction, adaptation, moment essentiel de la mise au monde d’un film. Bonheur d’avoir à nos côtés des artisans formidables. Colère de voir leur travail bafoué. Michel Spinosa

La traduction et le sous titrage, font partie intégrante de l’écriture cinématographique. Absolument et définitivement. Adapter et transmettre la langue d’un film est un métier, une qualité qui ne s’improvise et ne se brade pas ! Hélier Cisterne

Il suffit de voir la pauvreté des sous-titres que l’on trouve aujourd’hui sur Internet pour mesurer l’importance de faire appel à de « vrais » traducteurs pour nos projets artistiques… De tout cœur avec vous dans ce combat. Benoît Cohen

Les films portent une parole. Toujours. Les mots doivent être justes ou c’est toute la richesse et la singularité des personnages qui se perdent. A quoi bon montrer les films ailleurs que dans les pays francophones si c’est pour les montrer amputés. Si seul le coût compte, autant s’en remettre à REVERSO ! Lucas Belvaux

Le sous-titrage est encore une écriture, l’ultime, même… Ce n’est pas qu’un truc technique de labo ! Vincent Garenq

Encore un grand merci à tous ces grands noms du cinéma français d’avoir signé cette pétition et montré l’importance qu’ils accordent au sous-titrage de leurs œuvres, dont la qualité, comme nous le disons toujours, participera à leur succès.

 

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